COPS AND ROBBERS

Cops And Robbers

LP 8 titres | (p)&(c) 2013 Mémoire Neuve | MN017 | 300 copies | En stock

TRACKLIST

FACE A : Raison de vivre - Héros salarié - Baby Shirley - Limousine

FACE B : Aller sans retour - Cathia - Tueur à gages - Dis-le moi


HISTORIQUE

1976. Taxi Driver remporte la Palme d'Or, One Flew over the Cuckoo's Nest plusieurs Oscars. Premier vol commercial du Concorde. Débarquement du Loto National pour faire rêvasser le français besogneux. Déjà un plan de lutte anti-inflation dans l'hexagone et une grave crise monétaire en Angleterre. Les rêves, les ambitions, les dogmes et les désillusions s'entremêlent déjà à foison.

A Marseille, après avoir grattouillé ensemble au lycée, une petite bande imbibée de rock investit Le Faust. Composée de quelques historiques de la scène phocéenne, les futurs Wild Child, Spécial Service et bien d'autres encore, on y trouve Patrick Capozzi et Michel Sarel, tous les deux guitaristes. Tout en devenant pour quelques temps les leaders officiels des platines du lieu, ils commencent à jouer et composer ensemble. Sous influence des Rolling Stones, Lou Reed, Stooges, Dylan, Flamin' Groovies, Blue Öyster Cult. Décidant d'aller expérimenter l'esthétisme musical riot naissant ou déjà mort, selon si l'on perçoit le punk à moitié vide ou à moitié plein, ils s'envolent pour l'Angleterre.

1977. Après une immersion dans le milieu créatif londonien du fun et du destroy, ils atterrissent à Paris, enveloppés de néant et de slogans, avec une seule fixette en tête : enrôler des musiciens pour former un band. En vain. C'est seulement à la redescente sur Massalia, qu'ils dénichent un batteur (Pierre Brolli) et un guitariste (Patrick Marchand). Patrick Capozzi braque la basse et se met au chant. Sans renier leurs nourritures musicales originelles, ils s'attèlent à un répertoire de reprises en puisant à la louche dans les 60's et 70's et saupoudrent le tout d'influences épicées ramenées d'outre-Manche : The Stranglers, The Clash, The Damned. Sans doser l'anticonformisme et la conformité, ils espèrent tout simplement goûter à la célébrité.

En écoutant un bootleg des Rolling Stones, ils se désignent Cops and Robbers. Une alternative à Police and Thieves (initialement de Junior Marvin en 1976, repris par The Clash ensuite), mais surtout en référence au titre écrit par Kent Harris pour Boogaloo and his gallant crew, popularisé ensuite par Bo Diddley (crédité par les Stones en tant qu'Ellis McDaniel).

Par l'intermédiaire de Sylvie Brocheré, qui les invite à répéter chez elle, ils migrent en Pays d'Aix. Ils y rencontrent Monsieur Raymond Malphette, Président du CIQ de la Cité Saint Eutrope. Un deal de troc'n' roll s'instaure entre eux : un local de répétition en échange de quelques concerts d'animation.

Rapidement, les concerts sur Aix se nouent. A La Grignotèque. A la MJC avec les Wild Child. Puis première partie des Stinky Toys. Des reprises phares fortifient leur répertoire de compos : Route 66, Don't you lie to me, No escape des Seeds, Pipe-Line, Sonic Reducer (Stiv Bators, leader des Dead Boys et plus tard chanteur des Lords of the New Church, baptisera Patrick Capozzi Mr Sonic Reducer lorsqu'ils se croiseront par hasard au Flipper, une discothèque marseillaise, en 1983).

Mai 1978. Les deux guitaristes filent vers d'autres horizons. Patrick Capozzi épingle la guitare lead. Grâce à leur manager Philippe Malphette, Denis Durand (beau-frère de Jacques Higelin) empoigne la basse. A Vitrolles, devant 3000 personnes, ils exécutent la première partie d'Higelin. La scène punk ayant le vent en poupe, la rapine réside en un franc succès.

A la fin de l'été 1978, lassés d'Aix en Provence, Patrick et Pierre conviennent d'ancrer dans la cité du Vieux-Port. Chez eux. Le guitariste Jean-Luc Scinicariello (des futurs Special Service puis Bootleggers) et le bassiste Pierre Exbrayat, vieille connaissance de concerts de Capozzi, les rejoignent.

Avec Pierre Cenatiempo et Françoise Lo-Ré, ils décident de créer une association pour combiner des concerts. Monkey Production voit le jour. En 1978, à l'Alhambra, ils organisent ce qui est le premier festival punk de Marseille. Dans une ambiance très sympathique, solidaire et conviviale, caractéristique du milieu rock de l'époque. La scène fourmille de groupes tels Nitrate, Wild Child, Dustbin Radiation, Parfum de Femme, mais surtout de public.

Ayant rejoint le gang sur scène, Françoise Lo-Ré distille les parties de clavier, les chœurs, et parfois chante en lead. Le concert de Cops and Robbers et Magazine (anglais !) au Ciné Madeleine en 1979, déchaîne un tel enthousiasme de l'auditoire, qu'il en résulte une destruction méthodique et enjouée de la salle.

Annick Dufeu remplace Philippe au management. Le groupe est sélectionné pour représenter sa ville, au Théâtre Sylvain, lors de l'escale marseillaise de la tournée "Le Rock d'ici" avec Ganafoul, Little Bob, Au Bonheur des Dames.

Marc Iozzino remplace Pierre Brolli à la batterie. Un sax, Jeff Griffon, se joint au groupe. Des maquettes sont enregistrées avec les moyens du bord. Côtoyé à Londres, Youri Lenquette, futur photographe du magazine Best, refourgue le contact de Marc Zermati à Patrick. Un coup de fil. Un rendez-vous fixé à Paris, chez des amis. La veille de l'entrevue, Patrice Skunky, ancien batteur d'Asphalt Jungle, balance que Marc est le meilleur plan qui soit pour un groupe. Le lendemain, Patrick et Marc se rencontrent, écoutent la maquette. Marc, qualifiant les démos d'excellentes, décide illico de prendre le management en main. Commence alors une virée dans les maisons de disques. A la grande surprise de Patrick, en deux jours, sans avoir besoin de commettre d'effractions, sans avoir pris de rencards officiels, toutes les portes s'ouvrent pour les recevoir. La Maison Barclay manifeste l'intérêt le plus affirmé...

Extrait de la bio par Tata Powers. Suite et fin dans le disque !